Le sentiment d’un effondrement généralisé de la confiance dans la science domine le débat public, des chiffres du Baromètre de l’esprit critique à l’Eurobaromètre en passant par l’administration Trump, qui en fait un argument politique à part entière. Mais que disent vraiment les données globales ? La première étape consiste à s’accorder sur ce que l’on appelle vraiment la « confiance dans la science ». Ce texte, en s’appuyant notamment sur le numéro de juillet que la revue Nature consacre à ce sujet, revient sur les grandes enquêtes internationales et françaises pour distinguer ce qui relève du fait solide – une confiance globale demeurée stable et comparativement élevée – de ce qui relève de fractures inquiétantes bien réelles, en particulier une polarisation politique désormais documentée en détail aux États-Unis, avec ses propres logiques d’instrumentalisation.